L'Art de la traduction



Le transformateur de puissance illustrant cette page peut paraître incongru, mais à bien y penser, il agit un peu comme un traducteur: il transforme une énergie en une autre… avec un peu de pertes au passage! Qui ne connaît pas l'expression "Lost in translation", faisant d'ailleurs l'objet d'un titre de film. Pourquoi la traduction n'est-elle pas simple et facile?


Le cerveau humain est mille fois plus puissant qu'un ordinateur

Vous est-il déjà arrivé de vous demander pourquoi l'ordinateur, pourtant si puissant et rapide, n'est-il pas un bon traducteur?

Souvenez-vous de "Big Blue", l'ordinateur le plus puissant du monde, qui mit des années avant de battre de justesse un champion d'échecs. Les règles du jeu d'échecs sont pourtant bien simples, non? Habituellement, le joueur ne peut déplacer que quelques pièces, sur quelques carreaux. Et les règles sont très claires!

Imaginez-vous maintenant devant un phrase à traduire: bien que certains mots aient des équivalents bien connus dans une autre langue, la plupart d'entre eux se traduisent par plusieurs équivalents, sinon par des dizaines d'expressions plus ou moins adaptées au contexte. Pour traduire un mot anglais aussi simple que "run", Termium propose rien de moins que 69 solutions! On nage en plein flou… et c'est ici que l'ordinateur n'en peut plus.

On a calculé, en se basant sur le nombre de transistors dans un ordinateur comparé au nombre de connexions neuronales dans le cerveau humain, que ce dernier possède environ mille fois la capacité de traitement d'information de l'ordinateur. Et le mode de fonctionnement du cerveau est tellement complexe que l'on n'a pas encore percé tous ses secrets… pas facile de l'imiter, encore moins de le remplacer.

Faites une petite expérience: si vous avez accès à un logiciel de traduction, traduisez une phrase quelconque dans une direction, puis traduisez la réponse dans la direction inverse. Répétez ainsi le manège quatre ou cinq fois et vous vous tordrez bientôt de rire!


...mais l'ordinateur a quand même sa place dans la traduction

L'ordinateur excelle quand il s'agit de garder en mémoire de grandes quantités de données et de faire des calculs fastidieux. C'est précisément là ou il peut venir en aide: se souvenir d'une phrase traduite il y a cinq ans, la comparer à celle qu'il faut traduire aujourd'hui, trouver les différences, proposer une traduction (bien imparfaite, hélas!) ou des corrections, compter les mots d'un document, etc. Il faut admettre qu'à ce point de vue, il est devenu le collaborateur irremplaçable du traducteur.

Mais pour vraiment traduire le sens et toutes les nuances du document source dans la langue cible, tout en laissant l'impression que la traduction est un document écrit à l'origine dans la langue cible, le traducteur chevronné ne donne pas sa place. Et il a encore une bonne sécurité d'emploi pour les années à venir!

Et ce n'est pas tout: faites traduire le même texte par plusieurs traducteurs, même chevronnés, et vous aurez à tout coup des interprétations différentes. Quelle version sera la bonne? Au lecteur de juger… la traduction n'est pas une technique, c'est un art. D'ailleurs récompensé par des prix prestigieux, comme ceux du Conseil des Arts du Canada... que dire de plus?


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